L'espoir que je caresse.

L'espoir que je caresse.
____ _ Benjamin Biolay - Dans La Merco Benz -____________________________________________ © Déb'

# Posté le samedi 10 janvier 2009 08:11

Modifié le samedi 21 novembre 2009 10:22

L'insomnie des condamnés.

L'insomnie des condamnés.
15h37, la lumière traverse les pointillés du volet et se faufile dans chaque recoin de la chambre d'hiver. Je suis le témoin de cette clameur, je m'étire, je soupir, puis me lève avec un petit air mélodieux. L'envie d'écrire « un petit air matinal » vient de me traverser l'esprit, mais l'heure ne me permet pas d'affirmer cela. J'ai mal à la tête et un relent de Get 27. Je me dirige vers la table noir, j'ouvre le premier livre et peut-être le dernier de mon existence, le hasard a désigné la page 63, quelques phrases en italiques me narguent et me charment. « La solitude grandit, elle devient douloureuse. Elle résonne de plus en plus fort. De plus en plus violement. La solitude se matérialise peu à peu. Elle a un visage, elle te regarde droit dans l'estomac. La solitude commence à te séduire. La solitude t'embrasse et sa langue s'en va loin dans tes entrailles. Comme une main qui attraperait ton c½ur et le serrerait très fort. » Je ressens le plaisir que provoque une lecture enivrante. Je suis saoul de sentiments et m'évanoui de faiblesse. Les yeux rivés sur le plafond, je repense aux dires de la veille. Qu'est je pu dire ? Qu'est-je pu lui dire ? Je ne me souviens de rien, ou de quelques mirages parfumés de son odeur, un mélange de vie et de tabac froid. Je me rappelle avoir caressé son visage de mes mains froides et avoir senti ses lèvres sur mon coup. Je réalise que la pièce et en désordre et que les cadres sont brisés, nous nous sommes aimés. C'est ça, nous nous sommes aimés hier au soir, dans chaque recoin, sur un air charnel et plein de haines. J'ai toujours trouvé l'amour meilleur avec un brin de sauvagerie. J'ai toujours trouvé l'amour meilleur avec lui. La solitude me tient et m'étrangle. Nous étions et nous serons, mais à cet instant je suis, seule. La solitude me séduit et le remplace, la solitude m'embrasse et se glisse jusqu'au fond de mes entrailles. Je tourne les pages de mon existence et m'aperçois que les pages se remplissent une à une au fil de mes dires et de mes faits. Rien n'est perdu, rien ne se perd, on oublie rien, hormis les premières lueurs de la vie.

____ Pink Floyd - Echoes __L'orgasme musical._ _________________________________________ © Déb'

# Posté le dimanche 04 janvier 2009 18:17

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 19:22

Je ne sais pas quoi écrire ni même quoi penser. J'hésite entre la tristesse et la débauche. Entre la vie et la survie. Je suis au fond, au fond du trou, on fond des choses. Je ne pouvais pas rêver mieux, ou pire, cela dépend de comment vous voyez les choses. Je ne suis formée que d'un assemblage de questions sans réponse et de non ressentiment. Je ne sais pas ce que je ressens. Je ne sais pas si c'est de la peur, de la haine ou de la tristesse. Je ne sais pas. J'ai l'impression d'être démasquée et de ne pas l'être à la fois. Les autres se doutent et m'accablent, je riposte la conscience tranquille, et m'enfonce dans mon pauvre sort. Je reste une intrigue, une inconnue aux yeux de tous et de moi-même. Je suis vivante, c'est certain, mais il y a quelque chose.. Quelque chose d'inexplicable qui m'épuise, qui me frappe et me tue. Quelque chose qui se réveille en moi et m'accable de douleurs. Je n'en peux plus, vraiment plus. Je me vois là haut sur le toit, là haut avec toi. Toi, qui es tu ? Mon inconscient, où l'être qui vit en moi, mon assassin ou mon maître ? Je ne suis pas encore passée à l'acte mais l'envie me ronge. J'ai besoin de sentir la claque du vent sur ma joue, j'ai besoin de sentir les gouttes d'espérance couler sur mes bras, j'ai besoin de me retrouver loin d'eux, loin de moi. Je ne dors plus, je ne sors plus, je somnole et tente de survivre dans les sombres lueurs du jour. Les lumières me brûlent et les éclats de rire m'égorgent.

____ HEARTSREVOLUTION - Take It Or Leave It _ ______________________________ __________ © Déb'

# Posté le jeudi 15 janvier 2009 12:31

Modifié le mercredi 21 octobre 2009 15:35

La séance du deuxième vendredi d'octobre.

 La séance du deuxième vendredi d’octobre.
Une journée banale, un temps maussade et quelques rigolades. Cependant, c'était le jour du rendez-vous. Le rendez-vous psychique. Je devais me rendre à l'appartement, de ce cher docteur L. qui lui fait office de cabinet pour recevoir toutes sortes de patients atteints de nombreux troubles psychiques ou pour toute personne ayant l'envie soudaine de se plaindre de son pauvre sort. Légèrement en avance, comme à mon habitude, je me suis dirigée, accompagnée de ma mère, vers la fameuse salle d'attente. J'ouvre la porte et j'aperçois une femme d'une cinquantaine d'années assise du mieux qu'elle peut sur l'une des chaises (étant donné sa corpulence), et un vieillard assis en face d'elle, les jambes croisées et le regard concentré sur le magasine qu'il tenait entre les mains. Mais ce qui m'a surprise, ce n'est pas leur présence - habituellement les patients ne doivent pas se croiser - mais plutôt l'odeur d'urine assommante que dégageait la bonne femme. Ni une ni deux, je choisis de me m'installer à côté du vieillard, laissant à ma mère la chance de s'installer à côté de la femme au parfum raffiné et de battre son record en apnée. Ayant un peu de temps devant moi, je décide de faire mon habituel inventaire, quatre murs jaunes décorés par deux affiches indescriptibles et encadrées, quatre chaises blanches disposées autour d'une petite table recouverte de moult magasines tels que l'Express ou encore Femina disposés en deux piles bien rangées alors qu'habituellement il y en a six désordonnées ( un maniaque est donc passé par là ), une plante verte dans le coin gauche de la pièce et un haut parleur qui diffuse un air de Jazz sans parole et sans rythme qui donnerait l'envie à un suicidaire de passer à l'acte avant les préliminaires. Soudain, le vieillard me coupa dans mon élan, «  Vous êtes bien sage mademoiselle, à votre âge ce n'est pas bon d'être calme comme ça vous savez. », autant vous avouer tout de suite que j'ai un don pour attirer les personnes âgées, les vieillards adorent me parler ! Pour en revenir au fait, je lui ai simplement répondu qu'il avait raison pour clore la conversation - enfin c'est ce que je croyais. « Vous savez, le psychisme c'est vraiment important, ça vous poursuit à n'importe quel âge et vous avez beau faire mais ça vous touche aussi physiquement que psychologiquement. Regardez par exemple, la femme que j'accompagne là et bien elle a tout pour être heureuse, mais elle ne va pas bien, c'est le psychisme. » Heureusement, la femme au divin fumé a acquiescé avant moi. Après un petit moment d'ennui profond, la femme qu'accompagné le vieille homme apparut. Il s'agissait d'une femme d'une soixantaine d'années qui paraissait très joyeuse et anxieuse à la fois. Puis vint le Docteur L. qui me demanda de le suivre après m'avoir serrée la main. Me voilà sauvée. J'entre dans la pièce aux aveux et je m'installe face au bureau comme à mon habitude. Le psychiatre - toujours aussi roux et flottant dans son jean - me sourit amicalement et regarde les notes de ma dernière visite qui datée déjà d'un bon mois et demie. Il m'a demandé si la rentrée en première s'était bien passée, si la classe était agréable et il m'a demandée si j'allais bien. Les questions habituelles en somme. Je lui ai répondu que tout allait bien, juste un peu de fatigue. Après quelques questions sans réelle importance, j'ai tenté de lui révéler ce que je ressentais depuis toujours. Je ne savais pas comment m'y prendre mais j'ai tout de même réussi à me rapprocher de la chose. «  Vous savez, c'est comme si je me sentais vivre, mais beaucoup trop. Comme si je me sentais vivre mais pas au niveau des sentiments car j'ai l'impression que je n'arrive pas à ressentir les choses. Vous voyez par exemple là je vous parle mais tout à l'heure j'aurai l'impression de ne pas avoir était réellement moi. Je me sens moi, lorsque je suis seule. ». C'est assez complexe à comprendre, je l'avoue. Mais j'avais vraiment besoin de lui dire ça. A ma grande surprise, il a quand même tenté de comprendre de quoi il s'agissait. «  En fait, tu vis, et tu te vois vivre. Tu es le témoin de ta propre existence. C'Est-ce que l'on appelle en psychanalyse, l'extraction de soi-même. Tu es ta propre spectatrice.» C'est drôle, mais je crois qu'il n'était pas loin du tout. Pour la première fois, j'ai eu l'impression qu'il arrivait à mettre un nom sur ce que je ressentais. Après ça, on a parlait un peu de mes traitements. Il m'a soulagée en m'apprenant que je pouvais arrêter les médicaments, parce que j'en avais vraiment beaucoup à prendre et que je commencer à passer pour une véritable droguée au Lycée. «  Et puis, j'aimerais beaucoup que tu lise l'étranger d'Albert Camus. Je trouve que ce que tu ressens se rapproche énormément de cette histoire. J'aimerais que tu me dises ce que tu en penses la prochaine fois ». Ce roman je ne l'avais jamais lu, alors je l'ai acheté le soir même pour le dévorer le lendemain. Au début, je n'ai pas vraiment compris le rapprochement entre moi et ce condamné à mort, mais aujourd'hui tout s'éclaircit. Il voulait que je comprenne que parfois on fait des choses, horribles ou non, sans même sans rendre compte. Nous ne sommes que les simples spectateurs de notre vie. Nous sommes le moi intérieur et le moi extérieur, le moi acteur et le moi spectateur. Nous sommes les meilleurs témoins de nos actes, mais la plupart du temps les moins responsables. Vivement la prochaine séance.


____ Ladyhawke - Dusk Till Dawn _ _______________________________________________________ © Déb'

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 19:57

Modifié le mardi 13 octobre 2009 12:17

La destinée.

La destinée.
Il tuait avec la force de Radiohead. Je tuais avec celle de Metronomy. J'en ai tué des salauds . On pouvait pas se douter que j'arriverais à tuer moi aussi. Ah, il est beau le destin. J'étais jeune, trop jeune pour comprendre. Il abusait de ma personne. J'avais vendu mon âme au Diable. Je suis sortie comme l'écureuil de sa cage en s'arrachant une patte, en arrachant mon âme. J'en pleure encore de douleurs et surtout de regrets. Il était là, il me regardait. Je ne le voyais pas, je le sentais, je sentais sa présence. Et pourtant, je voyais en ce temps là. Il m'a laissée avec les vivants alors que je devais partir. Mère rêvait de mort et perdait la vue. Il essayait de la prévenir. Le Mal est né. Après quelques centaines de remises en question, j'en ai conclu que l'oeil droit représentait le Mal et l'oeil gauche le Bien. Etant enfant je ne comprenais et surtout ne contrôlais absolument rien. J'ai accepté ce pacte avec l'autre monde. " Si tu trouves la raison de ta survie, tu pourras partir". Prise entre le Bien et le Mal. Les psychiatres n'y comprennent rien, une double personnalité a été soupçonnée. On ne saura jamais. Je ne saurais jamais. Je me sens possédée. J'ai cette horrible envie de crier pour me libérer de ce mal qui pourtant n'a aucun sens, aucune signification. Je me suis mise à détester les autres, à les maudire. Je me suis mise à les tuer. Qu'est-ce que j'en ai eu des orgasmes en les voyant se vider de leur sang. Mon coeur battait à chaque giclée de vie. Je suis devenue cruelle avec le temps. Il faut que je trouve la réponse à cette question, il faut que j'en finisse avant qu'il ne soit trop tard. Trop tard. Je me retire, j'obéis à ses désirs. Monsieur, ayez pitié, je ne suis que l'ombre de votre cruauté.

____ Feeling Good - Nina Simone__ _____________________________________________________ © Déb'

# Posté le vendredi 02 janvier 2009 15:24

Modifié le mardi 20 octobre 2009 16:51